Space Oroscopo Tome VI

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180116 sanglier

tu te souviens de la découverte du monde
tu arranges tes affaires. Tu jettes le stylo en panne
tu te souviens de la découverte du monde. Tu as cinq ans, il suffit de franchir le portail. Tu as proposé d’aller chercher le pain. Tu connais bien la route sur la gauche à la sortie du portail jusqu’au premier carrefour. Tu longes la route sans trottoir. Au carrefour tu prends à droite. Tu y trouves le trottoir qui protège, le trottoir de gauche. Tu prends à gauche pour la boulangerie. Tu ne te souviens pas avoir eu aucun soucis à l’achat du pain. Tu te contiens d’en manger le quignon. Au retour, au lieu de rentrer directement, tu descends vers le centre ville, vers le carrefour des commerces, le carrefour de toutes les directions du monde. Tu reçois là le vertige de l’aventure puis tu retournes vers ton monde d’enfant plein de cette nouvelle promesse

santé :

tu parles de la libération
tu es saisi par la lumière entre les nuages qui fait briller les rues grises et mouillées de paris
tes yeux agissent comme un appareil photo pour saisir cette image. Tu utilises cette image pour alimenter les affects joyeux et nourrissants de ta psyché. Tu ne sais pas comment ça agit sur le plexus mais quelque chose se passe là en même temps que tu déglutis et qui est une façon d’avaler le monde, et qui a à voir avec l’empathie, le sentiment de l’autre, de la relation à l’autre, comme nourriture
il y a un organe de l’autre
peut-être

amour :

un renard
amour, un renard
amour, l’effort de cet homme pour libérer le renard coincé à la taille dans son terrier écroulé. Un indigène. Un indigène anglais
tu te nourris d’images de représentations du monde. Tu les fabriques, tu les choisis, tu t’en nourris. Tu sens ta respiration à l’œuvre. Le souffle, l’énergie, la propulsion, 630km/s

180116 loup

il y a le singe
il y a le singe qui a pris toute la place de ta tête, et le buffle qui s’est assis sur ton plexus. Ca coince
il y a le singe dans ta tête qui a remarqué que tu l’avais remarqué et qui a orienté ses espiègleries juste pour toi. Il s’est mis à faire la roue mais il est nul en roue. Alors il marche sur les mains
il marche sur les mains en faisant des grimaces. Il essaie de capter ton attention, de faire l’intéressant. Il attrape une branche en l’air avec ses pieds, se redresse et s’assied sur la branche. Il te regarde. Il reste un instant à te considérer le regarder, ébauche une fuite et revient aussitôt à sa place sur la branche. Il te regarde, quitte ton regard, gesticule
tu quittes le singe par projection

santé :

tu révèles un système de fraude électorale et d’escroquerie dans ton village. Les adhésions des proches du maire seraient enregistrées en liquide et disparaîtraient. Leurs voitures seraient aussi abandonnées autour de la maison du maire et y resteraient tout l’hiver, mais tu ne sais pas quel sens cela a. Tu te réveilles

amour :

david bowie
où la vie est l’oeuvre
chante sa mort
étoile noire
la mort et la résurrection
les personnages, le personnage de david bowie, chante sa mort. Il dit : non pas la voix libre, mais se libérant. Une voix entre les genres, entre les âges
la mort à 27 ans a été reproduite, évitée, celle de chaque personnage, « l’obsession romantique de l’adolescence » dit-il. « J’aurais aimé être plus sociable… j’ai certainement loupé quelque chose de ma vie sociale… mais pourquoi devrais-je penser que j’ai loupé quelque chose ? »
la lumière se lève, tu penses à lazare et le travail des affects gais, ceux de la puissance d’agir
le mysticisme, la mort, la mise en scène
lazarus pour voir bowie renaître
ça continue
c’est quelle existence ?

180116 coq

à la parole errante
l’homme éléphant balance, fait la balance dit :
« je ne comprends pas pourquoi
on met pas tout à plat
à plat ventre »

à ta table un paquet de tabac est abandonné, tu ne fumes pas
il dit : je veux bien un peu plus de retour
c’est un micro qui fait une grosse voix grave et distordue. La batterie joue fort un truc, la contrebasse un truc, la clarinette un truc. Puis l’éléphant chante et tout s’unit en chanson

santé :

ton immeuble annonce le passage des dératiseurs et anti-cafards. Tu penses au cafard qui t’accompagne toujours quand tu vas écouter l’homme éléphant. C’est un cafard espiègle anarchiste libertaire

amour :

tu es assis en pleine lumière
on vient te demander des feuilles, des feuilles à rouler. Ni le tabac, ni les feuilles à rouler ne sont à toi. On se sert
c’est la fin de la balance
le paquet de tabac est toujours abandonné. On vient occuper les autres chaises de ta table. Tu t’es demandé quoi boire. Le premier punch était une idée, tu as cru une bonne idée, le deuxième punch émoustille ton foie. Tu connais le début, tu connais l’accélération. Pour le reste t’as des doutes. Pour le ralentissement et l’arrêt, t’as des doutes
bien-sûr il ne fallait pas boire le deuxième punch et bien-sûr il ne fallait pas boire le premier punch. Au deuxième, c’est comme si tu avais lancé les moteurs d’une fusée en espérant qu’elle ne décolle pas
tu ne peux rien interdire
ta seule chance est d’orienter l’inflammation dans une autre dimension, l’écriture. Ecrire autant que possible. Ecrire danser sublimer
sublimer, commander une pinte, pour prendre le temps, occuper le temps. Le frein. Le ralentissement. Le cœur. Ca suffoque. Ca coince
la pinte fait son effet, les amis sont arrivés, la balance est terminée, l’ami éléphant reconnaît avec joie son tabac, dit : c’est mon tabac

180116 singe

ce soir tu iras à la parole errante
écouter l’ami éléphant
il était dans un autre sud de paris où il racontait la vraie histoire d’éléphantman. Il sera ce soir à la parole errante pour un tour de chant prix libre
tu paieras peut-être en oroscopos
tu rames, tu passeras peut-être à la galerie relever les ventes. Tu rames, tu cherches à respirer avec le ventre. Tu cherches à retourner en poésie. La poésie est un centre, peut-être un centre du canal centrale, peut-être celui du cœur. En tout cas c’est là où ça coince, c’est là où ça fait mal. Il faut y penser pour conduire la respiration dans la partie supérieure. Tu oublies d’y penser. Tu oublies de te penser complet de telle sorte que tu évolues en parties. Les parties que tu oublies traînent en organes abandonnés sur le chemin. Tu es en retard sur le livre. Il y a le tome six dans le tiroir et la prochaine lune à intégrer dans la machine. Il y a les derniers textes de la prochaine lune à écrire et la parole à faire entrer en poésie. Tu es en vrac. Tu te prépares pour la soirée à la parole errante. Tu es en retard. Si tu avais le temps tu irais à la galerie relever les ventes

santé :

tu prends le métro
elle dit : je vais faire le montage pour un réalisateur connu, c’est un 52mn, je suis trop contente
elle répond : moi je fais une galette des rois demain, c’est notre station
tout le monde descend
le wagon est vide
c’est un samedi soir
tu vas à la parole errante
la parole erre et tu n’y as plus accès, ton corps de mots dispersé
tu reprends les trucs, leur place et la respiration. Un homme entre dans le wagon avec un bouquet de roses roses
tu arrives à nation
tu changes
sur le quai une femme tient un gros bouquet de roses roses et blanches

amour :

dans la poche de ton sac, tu as réuni quatre stylos mais le premier est en panne, le second pour écrire, le troisième pour raconter des histoires, et le dernier pour mentir. Tu ne sais pas les distinguer sauf celui en panne. Tu ne sais pas pourquoi tu ne le jettes pas. Faute de poubelle à chaque fois que tu le retrouves. Alors tu le remets dans ton sac

180116 bouc

les sauvages
parmi l’espace des avions
parmi le son au carrefour

santé :

ta psyché explose encore
l’alcool, l’inflammation du centre des émotions, les mots que tu mâches
là les mots que tu croques font exploser tes dents en morceaux. Il y a meetoo, il y a la mort de pol. Il y a l’évocation de son agression sexuelle, enfant
tu es reparti dans le tambour de la lessiveuse et tu te manges les parois. Ca crève à cru. Et dehors les sirènes alarment le quartier toute l’après-midi. Tu ne peux plus te lire. Tu ne peux plus te relire. Ballotté dans le tambour tu n’atteins plus la chair. Le corps de mots s’éparpille au sol, s’évapore en l’air, l’esprit projeté de l’autre côté du grand attracteur
de l’autre côté du grand attracteur le vide est noir et c’est une matière dense, tu dors. Tu dors, tu regardes des séries américaines. Tu fais des rêves de séries américaines
sur la paroi du tambour tu balances entre la méditation et l’alcool. Tu t’attrapes et tu te dépossèdes, d’illusion en illusion
tu crèves de la fin du livre et il y a cette histoire d’édition, d’édition de la cave. Ce besoin de faire l’objet, de fabriquer le livre. Des mots de la psyché à l’objet livre. Les mots qui remontent. Tu sors. De la cave. Tu sors et les mots remontent. Par le souffle. C’est le souffle qui s’enflamme parfois. Qui attise trop la flamme parfois. Ca crame. Tout crame. Ca crame tout, tu sors
tu sors pour éviter les pratiques d’évitement qui t’enferme à la cave

amour :

tu vas à la bibliothèque
rendre les livres de volodine
tu es en retard
la bibliothèque est pleine
il y a une conférence. La salle de conférence est pleine. Tu ressors écrire sur l’esplanade. Il fait assez chaud pour écrire dehors. Un groupe de skaters s’entraîne sur l’esplanade. Les roues des skates sur les faux pavés font un bruit d’enfer. Un jeune fait des huit avec un nouveau vélib vert, l’enceinte et le son rap dans le panier, à fond. Un autre adolescent l’interpelle : hé, tu sais les débloquer ? De quoi ? Tu sais les débloquer ? Ouais mais quoi ? Non mais tu sais les débloquer ? Puis lâche l’affaire. Puis : envoie la baffle ! Hein ? Envoie la baffle. Puis lâche l’affaire. Puis il va chercher son vélib bloqué et demande à celui qui continue ses huit, rap à fond : tu sais les débloquer ? Il essaie quelque chose sur le cadenas. Le premier lui prend des mains, et s’élance en poussant sur l’esplanade, la roue arrière fixe qui résiste rebondit sur le sol, en vain. Son smartphone tombe au sol, et coupe net le son. Finalement le vélib bloqué est abandonné sur la place juste devant toi. Numéro 3303472
restent les skaters
le bruit des roues
et les figures aériennes au-dessus des bancs

180116 cheval

à la terrasse du bout du monde
un autre bout du monde rond
un autre bout de la surface de la sphère dont chaque point est un bout
et la terrasse est toujours la terrasse d’un creux de l’écorce terrestre, la grotte
et la terrasse est parfois un désert de la taille d’un continent
à la terrasse les copains juifs boivent leur café, les copains chinois boivent leur café, les seuls sans copains boivent leur café
une voiture grise s’engage dans la ruelle
sur ses portes de gros macarons vigipirate et mission sentinelle. A l’intérieur trois militaires en tenue kaki et béret
un couple étranger tend un papier à la terrasse sans un mot, cherche une adresse qui anime toutes les tables. Ca s’engueule un peu. Première à gauche, deuxième à gauche. Mais ça dépend du numéro. C’est quoi le numéro. Le couple fait signe que oui à toutes les indications. Alors deuxième à gauche. Et prend première à gauche. C’est pareil. Finalement c’est pareil. Et bien oui c’est pareil conclut la terrasse
tu finis ton café
tu t’engouffres dans la ruelle
tu apportes les croissants

santé :

au vernissage
ça rap, accompagné au piano
des mots en l’air
des mots par terre
le cadrillage de bois sur bois « tu peux apprécier » il dit. Ca rap, les épluchures d’orange autour des mots. « j’ai besoin d’oranges » il dit. Il restreint l’espace des mots. Ca renforce les mots. Il a besoin d’un coup de main, « c’est pas obligé » il dit, pour désigner le périmètre

amour :

la contrebasse le piano les mots
ça danse seule sur un escabeau
ça crie, de loin, devant son miroir elle se recoiffe, se maquille. Elle ausculte son image blonde, en robe noire, bas noirs, en haut de l’escabeau. Descend, se saisit d’un sac de toile blanc, en sort une ceinture qui s’accroche derrière. Envoie le sac au-dessus de son épaule. Marche, avance à petits pas au travers de la pièce. S’assied sur le tabouret rouge
elle gesticule, tu ne vois pas bien, tu ne vois pas très bien, de dos. Ca filme. Il y a des popcorns sur la tête. Le rap interpelle, tss, tss, tss. Une peau de banane entre les jambes
elle repart le sac blanc dans le dos. Le métro derrière la paroi fait han han, han han. Elle lâche le sac blanc, remonte sur l’escabeau, jette ses chaussures à talon rouges, malaxe le fond d’un seau sur les gymnopédies de satie
elle sort des avions de papier d’un sac rouge et les lance dans l’espace
plus tard le poète à vélo
plus tard marianne
plus tard une danseuse
et toujours le mandala de mandarine